Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Renforcement de la société civile pour la lutte contre les violences de genre au Togo », financé par Plan International et l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), les patrons et patronnes d’ateliers ainsi que les membres des Mécanismes Communautaires de Protection des Enfants (MCPE) de Pagala-Gare ont partagé, le 26 août 2025, les changements positifs observés dans leurs communautés et les bonnes pratiques mises en œuvre pour protéger les enfants et les jeunes.
Cette mission de suivi visait à collecter des données auprès des bénéficiaires du projet afin d’apprécier les progrès réalisés, d’analyser les effets concrets sur le terrain et de documenter les stratégies et pratiques inspirantes développées par les partenaires locaux.
Des avancées notables dans la protection des enfants
Les membres des MCPE reconnaissent que le projet a profondément transformé leur village. Désormais, les mariages d’enfants, les cas de viols et les grossesses précoces ont considérablement diminué. Avant toute célébration de mariage, les chefs traditionnels exigent désormais la vérification de l’acte de naissance de la future épouse. Les sensibilisations organisées dans les mosquées ont renforcé la prise de conscience des communautés. De plus, les auteurs de viols sont désormais dénoncés et traduits en justice, alors qu’auparavant, les victimes et leurs familles hésitaient à porter plainte. « Aujourd’hui, les gens connaissent la loi et savent où aller en cas d’abus », a confié un membre du MCPE.
Une transformation des pratiques dans les ateliers
Les patrons et patronnes d’ateliers témoignent également d’un changement significatif dans leurs pratiques professionnelles. Grâce aux renforcements de capacités et aux sensibilisations, les cas de violences verbales et de châtiments corporels ont fortement diminué. Par le passé, l’usage du bâton était considéré comme un outil pédagogique, et certains responsables conduisaient leurs apprentis aux champs pour des travaux forcés. Désormais, ces pratiques ont cessé. Les apprentis se sentent plus protégés et peuvent dénoncer les abus, ce qui entraîne des sanctions par les autorités locales.
Dans la perspective de pérenniser les acquis du projet, les responsables d’ateliers prévoient d’organiser des réunions périodiques adaptées aux calendriers des différents corps de métier. Ces rencontres permettront de vulgariser la loi n°2022-020 du 02 décembre 2022 relative à la protection des enfants contre les violences à caractère sexuel au Togo et d’élaborer, avec l’implication des apprentis, des codes de discipline positive propres à chaque corps de métier. Les MCPE, quant à eux, s’engagent à poursuivre les sensibilisations de proximité dans les quartiers.
Un engagement salué par les leaders communautaires
Le chef du village de Pagala-Gare, M. LAVAKOH, a exprimé sa satisfaction en ces termes :
> « Plan International et Défis et Développement ont fait un grand travail. Avant, les gens ne savaient pas qu’il fallait dénoncer les auteurs d’abus, surtout les viols. Aujourd’hui, grâce aux sensibilisations et aux réunions, les parents de victimes se rendent directement à la police. Des auteurs ont été sanctionnés. Vous avez permis aux populations de connaître les lois qui protègent les enfants. »
Une action conjointe pour un impact durable
Au total, 11 responsables d’ateliers dont 5 femmes, et 3 membres de MCPE dont 1 femme ont été rencontrés lors de ce suivi. L’activité a été réalisée en collaboration avec la Coalition Nationale pour l’Éducation Pour Tous (CNEPT), partenaire en charge du plaidoyer au sein du projet.
